Jacky, Anthony Passeron

Jacky, Anthony Passeron, Grasset, 2026

Anthony Passeron a fait des débuts remarqués avec son premier roman en 2022 avecLes Enfants endormis  qui racontait à la fois les avancées scientifiques sur la maladie du sida et les ravages causés par cette même maladie sur sa famille.

 

Pour tenter de vaincre la fameuse et bien connue malédiction autour du deuxième roman, l’auteur a préféré persévérer dans la même veine que partir dans une direction complètement différente.


Jacky  son second roman, a quelques points communs avec les Enfants endormis  : tous deux ont la même structure, alternant autobiographie et faits historiques.
L’auteur use du même mécanisme narratif dans Jacky en dressant un portrait de son père tout en racontant en parallèle l’histoire (très documentée) des premiers jeux vidéo, et tente d’analyser l’évolution de sa relation paternelle via leur passion commune pour les jeux vidéo.

L’histoire commence quand deux frères jumeaux trouvent dans une brocante une con sole atari, la même que celle de leur enfance . Son père comme son grand-père sont bouchers dans un village de l’arrière-pays niçois. Son père délaissé par son propre père veut élever ses enfants à la dure et est vite déçu par la sensibilité de ses jumeaux. Un temps, le jeu vidéo les rapproche mais le père s’éloigne de ses enfants et de son foyer miné par la mélancolie, la mort de ses deux frères l’un du sida, l’autre de n’avoir pas su s’exprimer. Le silence et la colère rentrée, la maladie des hommes de cette famille.  Une histoire dure mais aussi pleine de la douceur de l’enfance, de ses jeux, et de la consolation qu’il tire de ses univers imaginaires. Avec ce qu’il faut de distance et de justesse, il décrit aussi le déterminisme social et la conscience d’appartenir à un monde finissant, celui des petits commerçants des petites villes.