Ivar vit seul sur une île des Shetland qui n’est pas paradisiaque. On a d’abord le récit du quotidien d’une espèce de viking sédentarisé du milieu du 19ème siècle qui passe ses journées à tricoter de la laine de mouton et à s’estourbir de tourbe sous la tempête, depuis que les derniers membres de sa famille de paysans écossais ont déserté cette île,.
Heureusement, Ferguson un pasteur débarque sur l’île avec pour mission, non pas d’évangéliser le sauvage, mais de lui annoncer qu’il est exproprié de son rocher natal. L’îlien parle le Norne, langue scandinave agonisante, ce qui ne facilite pas les échanges et Ferguson a oublié ses chaussures de rando. Un lien fort va se nouer entre les deux hommes dans cette nature sauvage qui comble le manque de personnages secondaires. Carys Davies partage son gout d’une nature qui n’est pas taillée sur mesure, des personnages contemplatifs qui s’aventurent vers l’inconnu, des descriptions immersives et oniriques. C’est cette prose délicate et envoutante Pourquoi ce titre à?La référence est subtile car elle évoque les « Highland clearances », une politique de déplacements forcés de paysans par de grands propriétaires terriens pour les remplacer par l’élevage intensif de bétail.
L’auteure intègre aussi dans cette fiction un autre basculement historique authentique : un schisme au sein de l’Eglise presbytérienne écossaise. Plusieurs centaines de pasteurs firent sécession, pour s’opposer au droit des mêmes grands propriétaires terriens de nommer les bergers des paroisses.
intérêt historique, poésie de la nature, originalité du récit, personnages torturés, amitié presque trouble et une fin inattendue,
Un gros coup de cœur

