Enfance d’un chamane, Anne Sibran

 

Ce récit romancé nourri des voyages et séjours de l’auteure en Equateur, dans la forêt amazonienne, raconte ses rencontres et son « initiation » à la culture et au territoire Kichwas par Lucero Tanguila, vieux chaman, petit-fils du grand Baltazar Tanguila, homme –tigre.

Ce vieillard silencieux l’emmène en forêt, lui fait découvrir des sites sacrés, la rend témoin de scènes de fêtes de guérisons grâce aux chants, lui raconte l’Histoire de son peuple  et de la colonisation. Comme il n’a pas de successeur, il sait que les compagnies minières et pétrolières vont détruire la forêt mais il luttera jusqu’au bout. Il l’initie au silence, à voir ce qu’il y a derrière les apparences,  à entendre ce qu’il y a derrière les mots. A travers ce récit émietté, diffracté, et cette langue poétique, luxuriante comme la forêt changeante,  comme le fleuve, le lecteur,  à la suite de l’auteur se perd, perd ses repères et s’enfonce dans la profondeur de la magie chamane, de la forêt tropicale, et dans le chaos des luttes humaines, c’est envoutant, une expérience inoubliable.

D’autres récits, photos, une vie de « voyages et d’utopies » à découvrir aussi sur le site de l’auteur

http://www.anne-sibran.com/voyages-et-utopies/

L’homme des bois de Pierric Bailly, POL 2017

  1. Un roman tombeau, un récit né à la mort du père, une mort un peu spéciale puisque le père est tombé ( s’est jeté?) d’une falaise et a été retrouvé trois jours après. En rangeant ses affaires, le fils essaye de comprendre cette vie, heureuse, malheureuse? d’un homme solitaire ou très sociable? d’un homme violent ou gentil? En lisant ses dossiers, il ne peut que s’émouvoir de cette soif d’apprendre la politique, l’Histoire, la peinture, le yoga, soif admirable ou pitoyable? Il nous rend palpable le mystère de tout être, même le plus simple, le plus anonyme. Un récit poignant de sa simplicité, de son humilité, de sa douce hybridité. » Il m’arrive de penser à cette histoire comme à une sorte de roman noir, un polar sans coupable, sinon la nature, la campagne française, la vie rurale, la forêt jurassienne.  » p 153

Un nouveau numéro de la revue Rumeurs

  Rumeurs N°2

http://www.larumeurlibre.fr/catalogue/collections/revue_rumeurs/revue_rumeurs_n_2_revue_rumeurs_actualite_des_ecritures

J’y ai notamment écrit Ecrire en atelier avec Patrick Laupin. 

Joëlle Guidez dans un article intitulé Rumeur des villes, rumeur des champs   p 148 met en perspective entre autres l’Inhabitable de Joy Sorman,   Gallimard 2016, Histoires,   Buchet -Chastel 2015 et Joseph,  Buchet-Chastel 2013  de Marie-Hélène Lafon et Pendulaires frontaliers, les ouvriers du temps, La Rumeur Libre 2016

la cabane

été 2013 015La cabane
C’est l’été, les feuilles du bouleau sont presqu’immobiles, sur FB, on dirait que tous les poètes, les écrivains sont à Sète, une tondeuse vrille le silence.
Levée tôt pour écrire.
Hier, à l’annonce du troisième attentat en Allemagne, mon fils me dit gentiment « On dirait que 2016 c’est pas une bonne année. »
Et je ne sais pas quoi dire pour le rassurer.
Lui dire que c’est l’été, qu’il peut aller à la cabane avec ses copains boire des bières et rigoler tard dans la nuit et chercher des pokemons dans le parc, et qu’il peut rigoler, surtout rigoler.

Une bonne journée pour les foins

Ai reçu coups de fils, messages, SMS, bouquet d’hortensias, ai mangé avec mon fils, l’ai fait conduire, ai frôlé la mort plusieurs fois, mais ai pensé qu’on ne peut pas naître et mourir le même jour, c’est un peu grandiloquent.
Ai marché dans les chemins, respiré les foins, dit bonjour aux paysans.
Ai lu tous vos messages, me suis réjouie tout simplement.
Ai pensé aux miens, aux estives, aux itinéraires chantés, aux cailloux du petit Poucet, aux foins, encore, mes jeunes parents les faisaient quand j’ai voulu naître et mon père a dû les interrompre pour emmener ma mère à la clinique, c’était une très belle journée pour faucher comme aujourd’hui, vraiment une très belle journée
Merci tous mes amis .été 2013 008