En vases communicants, ce que je rêve

 Aujourd’hui, j’ai invité Jeanne à écrire sur mon, blog, elle m’a envoyé son texte intitulé

ce que je rêve

Parce que je suis née dans les livres, je fais ce rêve depuis longtemps : entourée de livres de toutes langues, de tous genres, accompagnée d’auteurs, de libraires et bouquinistes, d’enlumineurs et calligraphes – n’être que là. [Je ne suis pas certaine qu’il faille s’imaginer ces bibliothèques comme celle de Babel - ou ces livres comme de sable - j’aime l’idée qu’il reste des livres à écrire, à imaginer.]

Là où je vis

J’aimerai trouver dans cet espace de lettres non seulement le café et le chocolat, assise dans un rocking-chair, mais bien évidemment les livres – ceux qui traitent de la littérature, de l’écriture, du doute qui s’installe et de la peine qui perdure, des bibliothèques qui plairont à chaque lecteur.
J’aimerai m’asseoir à une table de bistrot et converser des heures durant de lecture, de théâtre, de poésie, refaire le monde, inviter à lire numérique et contemporain.
Nous assisterons, nous, lecteurs, à de vifs débats entre les vieux éditeurs et ceux qui ont osé et bien fait. Nous écouterons les douces histoires de Frédéric Clément et les impostures d’Enrique Vila-Matas.
Nous nous ferons colporteurs en visitant les chaumières isolées – en lisant, le soir au coin du feu, des contes d’autrefois, à qui veut les entendre.
Nous laisserons le temps aux enfants d’apprivoiser le livre – ils pourront jouer avec les mots oulipiens et découvrir la calligraphie dans le sable, l’enluminure..
Imaginez les rues animées de petits et grands qui vaqueront où bon leur semble. Ici dans les allées du supermarché Ferraille, là à assister à la création d’une bande dessinée, ailleurs à donner sa voix, à déambuler le long du canal St Martin pour un atelier d’écriture hors les murs en compagnie de Liminaire..

Il n’y aura aucun jugement, d’aucune sorte, sur la “valeur” d’une lecture. Les ados auront le droit de lire des mangas, les hommes des romans dits “à l’eau de rose”, les femmes des romans érotiques. Ne compte que lire.

Parce que “la littérature ça remue encore” (François Bon), cette cité du livre idéale ne sera pas un mausolée endormi mais un lieu de vie, de découvertes & d‘imaginations fertiles.

J’ai longtemps cru qu’il n’était guère possible de vivre ses rêves. Je n’y crois plus.
Rêvons, voulez-vous.

Jeanne

Texte écrit en “vases communicants”. Maryse est invitée sur Babelibellus et je m’invite ici.
Il existe un
groupe facebook et depuis peu, un blog dédié.
Tiers Livre (http://www.tierslivre.net/) et Scriptopolis (http://www.scriptopolis.fr) sont à l’initiative du projet de vases communicants : le premier vendredi du mois, chacun écrit sur le blog d’un autre, à charge à chacun de préparer les mariages, les échanges, les invitations. Circulation horizontale pour produire des liens autrement… Ne pas écrire pour, mais écrire chez l’autre.
Beau programme qui a démarré un 3 juillet  entre les deux sites, ainsi qu’entre Liminaire de Pierre Ménard (http://www.liminaire.fr/) et Fe

One Response to “En vases communicants, ce que je rêve”

  1. c’est vraiment dommage que vous n’ayez pas prévenu de ce joli échange

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