Au pays du long nuage blanc avec Charles Juliet

Marie Thérèse Peyrin  m’a proposé de participer à cette anthologie.

J’ai donc la joie d’avoir pu encore parler de mon voyage en  Australie et Nouvelle Zélande raconté dans Pars! Travaille!

J’ai eu la joie de me glisser en pensée dans les pas et les écrits de cet auteur profond et singulier.

Et surtout je vais avoir la joie de le côtoyer pendant tout le temps de la présentation le 22 mai à Vénissieux.

Le texte  que je propose s’intitule Au pays du long nuage blanc.

A son image, Jérôme Ferrari, Actes Sud 2018

Jérôme Ferrari,  A son image,  Actes Sud 2018

Du bon Ferrari, on retrouve sa  phrase longue sinueuse, précise et imagée qui vous emmène sur les routes de Corse comme sur celles des interrogations les plus philosophiques portant sur la représentation de la mort, sur  la présence de Dieu, sur la vocation religieuse…

Un roman puissant dont l’héroïne Antonia,  jeune photographe,   meurt dès les premières pages et c’est lors de la messe , que le prêtre son parrain et oncle,   tout en célébrant à contre cœur sa messe de funérailles, se remémore son enfance passionnée, son adolescence et sa jeunesse coincées au village et sa passion de photographier la vie. Pour   vivre sa vocation, elle part pour la Yougoslavie et la guerre et ne ramènera pourtant aucune photo de l’horreur.

Le récit brasse les mystères de la mort, de l’image,  de la représentation juste par la photographie, de la cruauté des hommes qui  aiment se faire prendre en photo devant des cadavres  aussi facilement que le   jour de leur mariage.

Un mélange du quotidien trivial d’une jeunesse qui s’ennuie horriblement dans les petits villages corses, qui boit et baise à l’arrière des voitures,  qui accepte des codes sociaux d’une rigidité historique et violente,  des milieux indépendantistes  très mesquins, bravaches et incapables de s’unir, qui finissent par se battre  entre eux faute d’ennemi .

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Agenda 2018

 18 novembre Salon du livre de Sainte-Foy

17 novembre,  Rencontre à la médiathèque de Fleury autour de Pendulaires frontaliers, les ouvriers du temps, La Rumeur libre 2016

5 juillet Nuit de la poésie,  Atelier d’écriture Plaisirs pauvres avec Katheline Goodens, puis lectures à la Maison de la poésie Rhône -Alpes

27 juin, 18h à la MJC, Restitution des ateliers d’écritures de Chaponost

23 juin Colloque Voyage en Italie organisé par Lyon2, communication Le voyage de retour des enfants d’immigrés chez  Robert Piccamiglio, Maryline Desbiolles, et Philippe Fusaro

26, 27/4 Salon du livre Genève

17/3  Participation Salon Livre Paris, stand La Rumeur Libre

Atelier d’écriture maison de la poésie Rhône-Alpes  Notre vie est un roman https://www.facebook.com/206047216151990/photos/a.480015078755201.1073741828.206047216151990/1610815909008440/?type=3&theater

Atelier d’écriture, association Utopia Dire la maladie  1/2, 1/3, 5/4, 3/5, 7/6

Les huit montagnes, Paolo Cognetti

Les huit montagnes, Paolo Cognetti, Stock , 2017

 

Pietro vit à  Milan, avec ses parents et, chaque été, part avec eux en vacances à  la montagne. Son père arpente les sommets, sa mère et lui restent au village de Grana, au pied du Mont Rose.

Il y fait la connaissance de Bruno, un garçon de son âge, berger.  Ensemble, ils arpentent la forêt, le torrent, et surtout les ruines de tous ces hameaux d’alpage qui se vident peu à  peu. Bruno le surnomme Bério, qui signifie Pierre et l’attend chaque année.

Devenu plus grand, Pietro suit son père en randonnée et découvre l’ivresse de la marche,  de l’effort et de la solitude. Bruno les accompagne quand il peut.

Un jour, Pietro devenu adolescent refuse d’accompagner son père, se lassant de ses silences et de son caractère difficile et intransigeant.

Pietro devenu adulte vit sa vie et ne vient plus à  Grana, jusqu’au jour où son père décède et lui lègue une ruine au sommet des alpages. Il y revient donc retrouve Bruno et ensemble, tout un été, ils restaurent la baïte, la cabane d’alpage.

Le roman change alors d’allure, Bruno resté dans ce village tente de faire revivre l’élevage traditionnel. Pietro, entre deux voyages en Himalaya,  retrouve Bruno, le souvenir de son père en refaisant les mêmes sommets, et la solitude qu’il apprivoise.

C’est un récit d’amitié pudique et violent, c’est aussi le récit de deuils enfouis, et de l’incompréhension entre les générations. C’est encore la description  acérée  et poignante de la fin d’un mode de vie dans la montagne, de la transformation des montagnards en agents de tourisme ou en alpinistes professionnels.

Mais c’est surtout un hymne à  la beauté sauvage et cruelle de cette montagne très vieille, de ses glaciers,  de ses torrents, de ses sommets et de ses envoûtements, car certains ne pourront jamais plus en partir.

Pour moi, c’est encore le souvenir intact des récits de ma tante Santine, de mon oncle Michel nés en Val d’Ayas, dans un village d’alpage appelé Mascogne, en tous points semblable à Grana. 

 

 

De l’aube au soir

Non, pas encore, pas encore, la panique quotidienne devant la fin du jour, que celui-là, celui-là ne se transforme pas en nuit, que cette soirée simple reste soirée. Assise dans le jardin, je retiens ce jour qui déjà grise le haut du cèdre et brouille la ligne fine de ses branches, le merle est encore tout fou mais le chat passe le mur et traverse, de très loin, il revient chez lui, il a senti lui aussi l’angoisse du soir, les voitures se précipitent sur les ralentisseurs,  les travailleurs rentrent chez eux, en écoutant les radios. Je ne bouge pas. Je guette et je me demande ce que j’ai fait de ce jour-là,  que tout cela ne coule pas entre mes doigts serrés. Je me suis levée tôt, j’ai bu un demi-litre de café, j’ai parlé à Alain, j’ai écrit un tout petit peu, préparé deux repas en un, mangé devant la télé, téléphoné à ma mère, mes filles, des amis m’ont appelée, j’ai organisé des petites sorties, enlevé des herbes au jardin, parlé à Alain, et le jour est fini, le cèdre est encore plus sombre, et le bas du mur noir, le flot des voitures ralentit, les chiens du fond de l’impasse ont aboyé, j’ai un peu froid, je reste immobile, je voudrais être si observatrice que je verrais passer les secondes, en « robes surannées comme les  défuntes années ».

Je voudrais les supplier de m’accorder un peu de répit, je vois le temps qui passe comme une étoile file, déjà dans l‘école,  de l’autre côté du jardin, les femmes de ménage ont terminé et vont actionner les volets roulants, le voisin va venir fermer son portail, il ferme de plus en plus tôt, il fatigue Dino, il fatigue, il me l’a dit.

Moi, je refuse de fermer les volets, parce que de mon lit, je profite du jour jusqu’à son dernier souffle et le matin, les mésanges me réveillent quand il fait encore nuit.

Je sais qu’il faut lâcher prise,  accepter la marche du temps,  le passage des jours mais je m’arcboute, me révolte,  je lutte, je ne me résigne pas.

J’ai froid, rentrer dans la maison, allumer les lampes et penser au repas du soir m’est une défaite insupportable.

Alors vite,  réfléchis, où est la poésie de ta journée ? Le mot, le geste, la rencontre qui feront trace et dépôt dans ta mémoire. Tu n’as presque pas bougé de ton village mais de l’aube à ce soir frais, refais le tour en pensée, et égrène, trie, enrobe, tu prends le coup de fil à ta mère et tu gardes son rire,  elle qui n’a presque jamais ri,  dans sa grande vieillesse,  rit souvent et pour un rien, c’est cadeau, puissant talisman.

Prends la conversation avec ton voisin, il a travaillé toute sa vie en haut d’une  grue, il a 80 ans, vous ne parlez que du temps et du gel, mais chaque jour, il fait un effort,  sort son sourire de petit garçon, son haussement d’épaule un peu adolescent,  une expression, chaque jour, il cherche. Aujourd’hui j’ai dit je suis allée chez le dentiste ; il répond  oh moi, je n’y vais pas, si j’y allais,  il se sauverait en courant, il prendrait peur. Il a toujours quelque chose d’insolite à dire. Parfois,  il marche jusqu’au bar au bout de la rue et s’assoit un moment tranquillement, parfois, il prend sa voiture et va voir ses copains gardiens de la déchetterie, et il revient avec une nième   vieillerie, un aspirateur, une cafetière électrique, une petite télévision, un ventilateur, et il va la réparer dehors,  debout, pour mieux guetter les passants et leur dire à chacun quelque chose  de spécial auquel il  réfléchit.

Et sa femme va hurler parce que,  dans sa cour, il y a déjà trois,  quatre tas,  montagnes, piles recouverts de bâche en plastique,  des planches, tôles, plaques de ferraille,  pièces de toutes dimensions et formes, parce qu’il pourrait en avoir besoin. Donc retenir la bouche de Cha

Non, pas encore, pas encore, la panique quotidienne devant la fin, du jour, que celui-là, celui-là ne se transforme pas en nuit, que cette soirée simple reste soirée. Assise dans le jardin, je retiens ce jour qui déjà grise le haut du cèdre et brouille la ligne fine de ses branches, le merle est encore tout fou mais le chat passe le mur et traverse, de très loin, il revient chez lui, il a senti lui aussi l’angoisse du soir, les voitures se précipitent sur les ralentisseurs,  les travailleurs rentrent chez eux, en écoutant les radios. Je ne bouge pas. Je guette et je me demande ce que j’ai fait de ce jour-là,  que tout cela ne coule pas entre mes doigts serrés. Je me suis levée tôt, j’ai bu un demi-litre de café, j’ai parlé à Alain, j’ai écrit un tout petit peu, préparé deux repas en un, mangé devant la télé, téléphoné à ma mère, mes filles, des amis m’ont appelée, j’ai organisé des petites sorties, enlevé des herbes au jardin, parlé à Alain, et le jour est fini, le cèdre est encore plus sombre, et le bas du mur noir, le flot des voitures ralentit, les chiens du fond de l’impasse ont aboyé, j’ai un peu froid, je reste immobile, je voudrais être si observatrice que je verrais passer les secondes, en « robes surannées comme les  défuntes années ».

Je voudrais les supplier de m’accorder un peu de répit, je vois le temps qui passe comme une étoile file, déjà dans l‘école,  de l’autre côté du jardin, les femmes de ménage ont terminé et vont actionner les volets roulants, le voisin va venir fermer son portail, il ferme de plus en plus tôt, il fatigue Dino, il fatigue, il me l’a dit.

Moi, je refuse de fermer les volets, parce que de mon lit, je profite du jour jusqu’à son dernier souffle et le matin, les mésanges me réveillent quand il fait encore nuit.

Je sais qu’il faut lâcher prise,  accepter la marche du temps,  le passage des jours mais je m’arcboute, me révolte,  je lutte, je ne me résigne pas.

J’ai froid, rentrer dans la maison, allumer les lampes et penser au repas du soir m’est une défaite insupportable.

Alors vite,  réfléchis, où est la poésie de ta journée ? Le mot, le geste, la rencontre qui feront trace et dépôt dans ta mémoire. Tu n’as presque pas bougé de ton village mais de l’aube à ce soir frais, refais le tour en pensée, et égrène, trie, enrobe, tu prends le coup de fil à ta mère et tu gardes son rire,  elle qui n’a presque jamais ri,  dans sa grande vieillesse,  rit souvent et pour un rien, c’est cadeau, puissant talisman.

Prends la conversation avec ton voisin, il a travaillé toute sa vie en haut d’une  grue, il a 80 ans, vous ne parlez que du temps et du gel, mais chaque jour, il fait un effort,  sort son sourire de petit garçon, son haussement d’épaule un peu adolescent,  une expression, chaque jour, il cherche. Aujourd’hui j’ai dit je suis allée chez le dentiste ; il répond  oh moi, je n’y vais pas, si j’y allais,  il se sauverait en courant, il prendrait peur. Il a toujours quelque chose d’insolite à dire. Parfois,  il marche jusqu’au bar au bout de la rue et s’assoit un moment tranquillement, parfois, il prend sa voiture et va voir ses copains gardiens de la déchetterie, et il revient avec une nième   vieillerie, un aspirateur, une cafetière électrique, une petite télévision, un ventilateur, et il va la réparer dehors,  debout, pour mieux guetter les passants et leur dire à chacun quelque chose  de spécial auquel il  réfléchit.

Et sa femme va hurler parce que,  dans sa cour, il y a déjà trois,  quatre tas,  montagnes, piles recouverts de bâche en plastique,  des planches, tôles, plaques de ferraille,  pièces de toutes dimensions et formes, parce qu’il pourrait en avoir besoin. Donc retenir la bouche de Charles qui ferait s’enfuir un dentiste.

Et puis j’ai eu l’AMAP, l’association pour le maintien d’une agriculture paysanne où je vais chaque semaine chercher mon panier. Le gars des fruits explique que ses pommiers ont gelé, et qu’il construit un  nouvel hengar avec des murs en paille,  il a besoin de volontaires pour le samedi,  en paille ?  je pense à la maison des petits cochons.

Et puis il y a Mitzou Pouget et Annie Fornelli, des camarades d’associations. Elles me racontent comment est morte la fille d’une autre amie. Elle était allée à une fête sur le campus de la Doye, et elle a voulu monter sur le toit d’une usine désaffectée, pour voir le soleil se lever. Quelque chose qui se fait à la fin des fêtes. Ses amis étaient fatigués, ils voulaient rentrer,  ils n’ont pas voulu monter,  son petit ami leur disait au revoir avant de grimper l’échelle, elle,  elle s’est élancée la première et,  en arrivant sur le toit, elle a dû trébucher. Parce que son petit ami a entendu son corps s’écraser juste à côte de lui. Non, ce n’est pas un suicide, elle a trébuché, ce n’était pas du tout son genre,  elle était aventureuse et amoureuse de la vie, elle était partie un mois seule faire de la marche, elle faisait des tas de choses très audacieuses, elle n’avait peur de rien. Elles ont parlé des funérailles où le prêtre a réussi à déculpabiliser les parents.

Et voilà que ces deux événements suffisent, la nuit peut tomber désormais, le jour est plein, j’ai ce que j’appelle la poésie de ma journée, des faits uniques, la bouche de Charles et la chute de la petite qui voulait vivre si fort qu’elle avait, à vingt ans,  déjà plus vécu que beaucoup mais elle a trébuché au moment où le soleil se levait.

Rentre,  va faire chauffer la soupe,  comme disait ta mère et réjouis-toi d’être là.

rles qui ferait s’enfuir un dentiste.

Et puis j’ai eu l’AMAP, l’association pour le maintien d’une agriculture paysanne où je vais chaque semaine chercher mon panier. Le gars des fruits explique que ses pommiers ont gelé, et qu’il construit un  nouvel hengar avec des murs en paille,  il a besoin de volontaires pour le samedi,  en paille ?  je pense à la maison des petits cochons.

Et puis il y a Mitzou Pouget et Annie Fornelli, des camarades d’associations. Elles me racontent comment est morte la fille d’une autre amie. Elle était allée à une fête sur le campus de la Doye, et elle a voulu monter sur le toit d’une usine désaffectée, pour voir le soleil se lever. Quelque chose qui se fait à la fin des fêtes. Ses amis étaient fatigués, ils voulaient rentrer,  ils n’ont pas voulu monter,  son petit ami leur disait au revoir avant de grimper l’échelle, elle,  elle s’est élancée la première et,  en arrivant sur le toit, elle a dû trébucher. Parce que son petit ami a entendu son corps s’écraser juste à côte de lui. Non, ce n’est pas un suicide, elle a trébuché, ce n’était pas du tout son genre,  elle était aventureuse et amoureuse de la vie, elle était partie un mois seule faire de la marche, elle faisait des tas de choses très audacieuses, elle n’avait peur de rien. Elles ont parlé des funérailles où le prêtre a réussi à déculpabiliser les parents.

Et voilà que ces deux événements suffisent, la nuit peut tomber désormais, le jour est plein, j’ai ce que j’appelle la poésie de ma journée, des faits uniques, la bouche de Charles et la chute de la petite qui voulait vivre si fort qu’elle avait, à vingt ans,  déjà plus vécu que beaucoup mais elle a trébuché au moment où le soleil se levait.

Rentre,  va faire chauffer la soupe,  comme disait ta mère et réjouis-toi d’être là.

Marlène, Philippe Djian, Gallimard, 2017

Marlène Philippe Djian, Gallimard 2017

 

Dan et Richard, les héros,   sont deux vétérans d’Afghanistan. Amis de toujours, ils se sont protégés pendant toute la  guerre, mais de retour chez eux, ils tentent de se reconstruire de façon très différente. Dan tâche d’oublier en travaillant,  en étant sérieux et méticuleux dans ses exercices  de sport, Richard   au contraire est flambeur, tricheur et délinquant. Autour d’eux,  gravitent la femme et la fille de Richard, une adolescente en révolte et surtout , la belle-sœur, femme libre, enceinte, et dont on ne sait jamais si elle dit la vérité sur son passé et son présent.

L’imminence d’une catastrophe est palpable, poisseuse, le style est minimaliste et c’est le secret de Djian, de créer, à chaque nouveau roman et  à chaque phrase,  une surprise, une image, un renversement de perspectives qui nous tient en haleine dans cette fuite en avant dont on sait  que de toute façon la fin sera tragique.

Pas déçue, beau travail  !

Un nouveau numéro de la revue Rumeurs

  Rumeurs N°2

http://www.larumeurlibre.fr/catalogue/collections/revue_rumeurs/revue_rumeurs_n_2_revue_rumeurs_actualite_des_ecritures

J’y ai notamment écrit Ecrire en atelier avec Patrick Laupin. 

Joëlle Guidez dans un article intitulé Rumeur des villes, rumeur des champs   p 148 met en perspective entre autres l’Inhabitable de Joy Sorman,   Gallimard 2016, Histoires,   Buchet -Chastel 2015 et Joseph,  Buchet-Chastel 2013  de Marie-Hélène Lafon et Pendulaires frontaliers, les ouvriers du temps, La Rumeur Libre 2016

la cabane

été 2013 015La cabane
C’est l’été, les feuilles du bouleau sont presqu’immobiles, sur FB, on dirait que tous les poètes, les écrivains sont à Sète, une tondeuse vrille le silence.
Levée tôt pour écrire.
Hier, à l’annonce du troisième attentat en Allemagne, mon fils me dit gentiment « On dirait que 2016 c’est pas une bonne année. »
Et je ne sais pas quoi dire pour le rassurer.
Lui dire que c’est l’été, qu’il peut aller à la cabane avec ses copains boire des bières et rigoler tard dans la nuit et chercher des pokemons dans le parc, et qu’il peut rigoler, surtout rigoler.

Une bonne journée pour les foins

Ai reçu coups de fils, messages, SMS, bouquet d’hortensias, ai mangé avec mon fils, l’ai fait conduire, ai frôlé la mort plusieurs fois, mais ai pensé qu’on ne peut pas naître et mourir le même jour, c’est un peu grandiloquent.
Ai marché dans les chemins, respiré les foins, dit bonjour aux paysans.
Ai lu tous vos messages, me suis réjouie tout simplement.
Ai pensé aux miens, aux estives, aux itinéraires chantés, aux cailloux du petit Poucet, aux foins, encore, mes jeunes parents les faisaient quand j’ai voulu naître et mon père a dû les interrompre pour emmener ma mère à la clinique, c’était une très belle journée pour faucher comme aujourd’hui, vraiment une très belle journée
Merci tous mes amis .été 2013 008