calendrier 2024

15 Février, rencontre autour de Pars! Travaille! La rumeur libre, 2014, à l’Alliance Française d’Auckland

12, 13 mars Moulins, à l’invitation de l’ARALL , animation de deux ateliers autour de l’écriture de formes brèves, aux journées PREAC

17, 18 mars salon Magnifique livre, Chapelle de la trinité, Lyon

23, 24 mars, Salon du livre de Nantua

12 juin, A l’invitation de Christian Chavassieux, Rencontres de la Boiserie, Charlieu

Festival cinéroman, 2023

J’aurai la chance de présenter les romans, d’animer les débats, et la plus grande chance, celle de rencontrer, en vrai, Catherine Poulain, et même de l’interviewer, et aussi de manger à côté d’elle et d’entendre sa voix douce, ses rêves, ses projets.

L’ombre d’un grand oiseau, Catherine Poulain, Arthaud, 2023

L’ombre d’un grand oiseau, Catherine Poulain Arthaud 2023

 Pour les amoureux du grand marin, ce livre est encore un cadeau.  Catherine Poulain retirée aujourd’hui dans le Médoc raconte les bêtes, toutes les bêtes qu’elle a rencontrées de l’enfance au cœur de la nature, à sa longue vie de voyageuse et d’aventurière.

 Elle raconte la petite fauconne borgne qu’elle avait recueillie, les poissons qu’elle péchait et dont elle mangeait le cœur, les grands fauves tristes.

 En chaque animal, elle retrouve son humanité et également sa sauvagerie, elle souhaite toujours les rejoindre, les soigner, les accompagner, se fondre en eux qui sont, pour elle, plus que des frères, des semblables.

  » Je suis hors d’haleine, bête en course, qui brise mon élan me blesse, qui l’arrête le mutile, qui me retient la chèvre, qui m’enferme me tue, je suis animal, tout est animal en moi dévoyé. »

Récits en chantier seizième

Pour la seizième rencontre de Récits en chantier, nous recevrons pour la deuxième fois Nicolas Pineau autour de son recueil encore inédit Le Petit invité. Entre prose et poésie, il y sera question d’attente, de naissance, d’enfance, de dénuement et de perte de souvenirs.

Et surtout de l’amour fou d’un père pour son fils. Et, tout sera dit en simplicité et en émerveillement.

Nicolas sera présenté par Patrick Laupin.

Nous les accueillerons le jeudi 12 octobre à 19 h à la Galerie JL Mandon, 3 rue Vaubecour, Lyon 2°.

Elmone Treppoz, Maryse  Vuillermet

La Foudre, Pierric Bailly, POL 2023

La Foudre, Pierrick Bailly, POL 2023

 

Depuis Polichinelle paru en 2008, Pierric Bailly conduit une œuvre originale et attachante qui, peu à peu, fait de lui un écrivain connu et l’écrivain du Jura, comme Giono l’était de la Provence.

Son dernier roman La Foudre était très attendu, les libraires jurassiens attendaient leur pile de livre parce qu’ils l’aiment et savent que les Jurassiens l’aiment.

 

Après Le roman de Jim paru en 2021, dont le cadre était également le Haut-Jura et dont héros, un jeune homme vivant de petits boulots, tombe amoureux d’une femme enceinte, s’attache à l’enfant qui naît mais n’est pas le sien, l’élève puis le perd et doit s’en séparer parce que la mère de l’enfant le quitte, voilà encore un personnage masculin tendre, hésitant, fou amoureux et victime.

Le héros et narrateur de La Foudre John, trentenaire est un berger d’estive dans les Monts Jura l’été et il exerce des boulots saisonniers de station de ski l’hiver.  D’emblée, on s’attache à cet homme, sa « vie sauvage » nous fascine, ses rencontres avec les lynx, les renards, les chamois, son travail de berger, ses chiens Patou et jusqu’à son caractère un peu rude quand il croise trop de touristes dans ses pâturages nous le rendent familier. Il a une amie, professeur d’anglais, avec qui il s’entend très bien, mais elle rêve d’exotisme, elle veut partir à la Réunion, ils ont le projet d’avoir des enfants, il accepte de la suivre, il dit ne pas être si attaché que cela à son pays natal et il pourra là-bas peut-être monter son propre troupeau.  Le décor, hautes Chaines des Monts Jura en balcon sur la plaine de Gex et le lac Léman, les orages, la neige, les forêts de hêtres et d’épicéas, l’hiver très long est posé, nous pensons donc avoir affaire à un roman de nature writing à l’américaine et nous sommes enchantés que ce soit dans le Jura, territoire peu arpenté par les écrivains contemporains.

Mais voilà que notre berger lit un article où il est question de son ami de jeunesse, Alexandre dit Alex, qui est accusé d’un meurtre sauvage, il a tué à coup de planche un jeune homme.  John, d’abord incrédule, s’intéresse de plus en plus à cette affaire et, remontent alors en lui tous les souvenirs de sa jeunesse, de sa vie à l’internat de Lons-le-Saunier et de la fascination qui exerçait Alex sur lui et tous ses camarades.  Alors il reprend contact avec Nadia, la femme d’Alex, il apprend qu’ils ont deux enfants, ils se voient, il la console et la soutient dans l’attente du procès.  En même temps que le récit avance vers le jugement d’Alexandre aux assises de Lyon, les retours en arrière décrivent une relation entre les deux hommes, plus complexe qu’il n’y paraît, John n’était pas que fasciné par Alex, il en était jaloux, maladivement, au point d’imiter son rire, au point de l’agresser devant la bande de copains.

Alex est jugé à Lyon, le récit du procès est très bien mené, beaucoup de suspense, ça me fait penser aux chroniques judicaires d’Emmanuel Carrère, on est vraiment à l’intérieur des têtes des jurés, des juges, des parties civiles, de Nadia et bien entendu, de John, l’observateur passionné.

Alex est condamné à 5 ans de prison et John devient, sans l’avoir voulu, (mais que sait-on vraiment de nos désirs profonds) l’amant de Nadia, il abandonne son projet de la Réunion, quitte son amie et se consacre follement à Nadia.

On se dirige alors peu à peu vers un récit de relation amoureuse passionnée mais le malaise persiste, est-il amoureux de la femme et des enfants d’Alex parce qu’il a été fasciné par lui ? Ou veut-il se lover dans le nid de son ami comme le coucou ?  Est-ce une façon de se venger ?  Le récit d’une emprise se met en place autant que celui d’une relation amoureuse.

S’y ajoute un conflit également très intéressant sur les problèmes d’écologie liés à l’élevage : Alex est un défenseur passionné des loups, des lynx, de toute vie animale, il est vétérinaire et sauve les animaux, John, lui, élève des bêtes qu’il aime mais qu’il amènera sans problème à l’abattoir, pourtant, il connaît mieux le monde animal que son ami vétérinaire.

 

Rien n’est tranché, les héros ne sont pas jugés, on est à l’intérieur de leurs contradictions.

 

J’ai aimé ce roman, je l’ai lu d’une traite, mais je lui trouve aussi des défauts, des défauts attachants, ses longueurs, son intrigue parfois un peu lâche, son style parfois un peu plat, bref j’ai aimé un roman très, très humain.

 

Colloque Mémoire, migrations et récits, le 3 juin organisé par l’association Dans tous les sens

Lors du Festival Ecriture hors les murs 2023, qui aura lieu du 2 au 4 juin, à Vaux-en-Velin, je participerai à un colloque  Mémoire, migrations et récits. 

Avec Bruno Guichard, rédacteur de la revue Ecart d’identités et documentarise, Serge Duperret, médecin à l’association Méda, et Marie-Christine Gordien, poète , nous débattrons des formes de récits d’exils.

De nombreux ateliers d’écriture, des lectures et des rencontres sont organisés et ouverts à tous.

Le programme détaillé du festival est à retrouver sur le lien ci-dessous

http://danstouslessens.org

Les événements, la suite, Isabel Ascencio, Le Rouergue, 2022

Enquête intimiste et poignante dans l’histoire familiale et l’Histoire, en particulier les séquelles de la guerre d’Algérie et du rapatriement des pieds noirs, et  dans une langue flamboyante.

Le récit est un puzzle tricoté avec maestria où les événements se mettent en place puis s’éclairent peu à peu autour de la figure d’un père mélancolique et dévoré de l’intérieur par la nostalgie du pays. Le Pays, c’est l’Algérie, pays commun aux Pieds-noirs, aux immigrés du village, la famille Taieb et ses dix enfants, même aux soldats de la guerre qui, tout en le martyrisant, en ont aperçu la beauté .